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Encyclopédie médicale
17-07-2013
Dyspareunie - Encyclopédie médicale

Dyspareunie

La dyspareunie (dys- : difficulté -pareunie : accouplement) ou algopareunie (algo- : douleur) est une douleur chronique de nature et d'intensité variables ressentie chez la femme ou l'homme[1] lors des rapports sexuels[2].

Catégories[modifier | modifier le code]

Les douleurs peuvent être les symptômes de maladies le plus souvent bénignes (ex. : dyspareunies d'intromission lors des candidoses vulvo-vaginales) mais aussi infectieuses comme dans le cas d'infections à Chlamydia Trachomatis et à Neisseria Gonorrhoeae[3].

Ces douleurs sont le plus souvent d'origine organique[4], mais elles peuvent également être d'origine psychogène[5] ou avoir une composante psychique, qui peut justifier l'aide d'un psychologue (thérapie comportementale...)[6].

Chez la femme[modifier | modifier le code]

Selon les auteurs et les définitions retenues, les dyspareunies concernent 4 à 28% des femmes.
On peut distinguer

  • les dyspareunies superficielles (ou d'intromission), qui sont des douleurs apparaissant à l'entrée du vestibule et du vagin ; elles peuvent notamment provenir de mutilations sexuelles[7]
  • les dyspareunies profondes, qui signent plutôt une affection intra-abdominale comme l'endométriose (qui peut être intriquée avec une endométriose digestive) [8];
  • les dyspareunies post-ménopose, qui se manifeste à la ménaupose[9] ou après celle-ci ou post-partum (qui suivent un accouchement)[10],[11] (une enquête faite au Centre Hospitalier Universitaire d'Angers apr questionnaires anonymes distribué à 2 et 6 mois du post-partum a montré que 57% des femmes qui ont répondu éprouver des douleurs au moment de la reprise de la sexualité après une naissance[11]). Les complications d'une épisiotomie en sont l'une des causes possibles, éventuellement à long terme[12].
  • Les candidoses ou d'autres infections sont un facteur de douleur sexuelle[13]

Chez l'homme[modifier | modifier le code]

La dyspareunie, de prévalence mésestimée, peut survenir à tout âge, mais en moyenne à la cinquantaine[14].

Les causes en sont variées ; de la maladie de La Peyronie au lichen scléroatrophique (en) de type xerotica obliterans[15] en passant par des causes traumatiques[14].

Traitements[modifier | modifier le code]

  • Selon une étude récente (2016), chez la femme la rééducation périnéale par {massages ne semble pas donner de résultats très significatifs en termes de diminution de la prévalence des douleurs périnéales et dyspareunies à 15 jours ni à 12 mois après l'accouchement[16], pas plus que le massage digital périnéal au cours du 3ème trimestre de grossesse[16] (excepté chez des femmes ayant déjà accouché « par voie basse »[16].
  • Des compresses chaudes apposées durant la seconde phase du travail lors de l'accouchement n'ont pas non plus diminué les douleurs périnéales ni les dyspareunies 3 mois après l'accouchement[16] ;
  • Dans certains cas un traitement chirurgical est proposé, associé à une rééducation ou thérapie comportementale[17]. La chirurgie réparatrice pelvienne peut aussi être source de problèmes sexuels[18]. Une chirurgie plastique reconstructrice de la vulve et/ou du clitoris peut réparer les dégâts de certaines mutilations génitales [7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rigaud J, Delavierre D, Sibert L, Labat JJ, « Algorithmes diagnostiques des douleurs pelvipérinéales chroniques : des symptômes aux syndromes [Diagnostic algorithms for chronic pelvic and perineal pain: from symptoms to syndromes] », Prog Urol, vol. 20, no 12,‎ , p. 1035-43. (PMID 21056382, DOI 10.1016/j.purol.2010.09.011) modifier
  2. Sibert, L., Safsaf, A., Rigaud, J., Delavierre, D., & Labat, J. J. (2010). Approche symptomatique des douleurs sexuelles chroniques. Progrès en urologie, 20(12), 967-972.
  3. « Infections à Chlamydia - Section 5 - Prise en charge et traitement d’infections spécifiques - Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement - Agence de la santé publique du Canada », sur www.phac-aspc.gc.ca (consulté le 26 mai 2015)
  4. Bricou, A., Frimigacci, D., Demaria, F., Sakr, R., & Benifla, J. L. (2009). Les dyspareunies organiques. Pelvi-périnéologie, 4(2), 153-157 | résumé.
  5. Cabanis C (1988). Approche psychosomatique des dyspareunies féminines. Cahiers de sexologie clinique, 14(84), 23-28.
  6. Poudat F.X & Jarrousse N (1985). Dyspareunie. Contraception fertilité sexualité, 13(2), 501-505 | résumé.
  7. a et b Ouédraogo, C. M. R., Madzou, S., Touré, B., Ouédraogo, A., Ouédraogo, S., & Lankoandé, J. (2013, juin). Pratique de la chirurgie plastique reconstructrice du clitoris après mutilations génitales au Burkina Faso. À propos de 94cas. In Annales de chirurgie plastique esthétique (Vol. 58, No. 3, pp. 208-215). Elsevier Masson.
  8. Panel, P., Chis, C., Gaudin, S., Letohic, A., Raynal, P., Mikhayelyan, M., ... & Boidart, F. (2006). Traitement cœlioscopique de l'endométriose profonde. À propos de 118 cas. Gynécologie obstétrique & fertilité, 34(7), 583-592.| résumé
  9. Colson M.H (2001). Dyspareunies de la femme ménopausée (aspects psychologiques et sexologiques). Gynécologie obstétrique & fertilité, 29(6), 454-461.
  10. Fauconnier, A., Goltzene, A., Issartel, F., Janse-Marec, J., Blondel, B., & Fritel, X. (2012). Late post-partum dyspareunia : Does delivery play a role ?. Progrès en urologie, 22(4), 225-232.
  11. a et b Paquereau, A., Faye, P., & Goichon, B. (2011). Les dyspareunies du post-partum ; Mémoire| résumé
  12. Langer, B., & Minetti, A. (2006). Complications immédiates et à long terme de l’épisiotomie. Journal de gynécologie obstétrique et biologie de la reproduction, 35, 59-67|résumé.
  13. Anane, S., Kaouech, E., Zouari, B., Belhadj, S., Kallel, K., & Chaker, E. (2010). Les candidoses vulvovaginales : facteurs de risque et particularités cliniques et mycologiques. Journal de Mycologie Médicale/Journal of Medical Mycology, 20(1), 36-41 |résumé.
  14. a et b Pierre Bondil, « La dyspareunie n'est pas uniquement féminine » [PDF], Congrès international francophone de médecine sexuelle, CIFMS Montréal, (consulté le 17 juin 2014)
  15. (en) Shechet J, Tanenbaum B, Fried SM, « Male dyspareunia in the uncircumcised patient », Am Fam Physician, vol. 60, no 1,‎ , p. 54, 56. (PMID 10414629, lire en ligne [html]) modifier
  16. a, b, c et d Battut A & Nizard J (2016). Impact de la rééducation périnéale sur la prévention des douleurs et des dyspareunies en post-partum. Progrès en urologie, 26(4), 237-244.
  17. Lambert, B., Bergeron, S., Desrosiers, M., & Lepage, Y. (2012). Dyspareunie introïtale primaire et secondaire: contrôle clinique et chirurgical multimodal. Sexologies, 21(1), 29-32.
  18. Fatton, B., Savary, D., Velemir, L., Amblard, J., Accoceberry, M., & Jacquetin, B. (2009). Impact de la chirurgie réparatrice pelvienne sur la sexualité. Gynécologie Obstétrique & Fertilité, 37(2), 140-159.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bergeron, S., Binik, Y. M., Khalife, S., & Pagidas, K. (1996). La vestibulite vulvaire: Une cause fréquente de dyspareunie. Revue Sexologique, 4(2), 1-134.
  • Kao, A., Binik, Y. M., Kapuscinski, A., & Khalifé, S. (2008). Dyspareunia in postmenopausal women: A critical review. Pain Research and Management, 13(3), 243-254.
  • Mares, P., & Dyspareunie, R. N. S. (2006). vulvodynie: du diagnostic aux outils thérapeutiques. 3e Congrès de gynécologie obstétrique et reproduction de la côte d’Azur.
  • Morin M & Bergeron S (2009). La rééducation périnéale dans le traitement de la dyspareunie chez la femme. Sexologies, 18(2), 134-140


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